Startup cherche 50 000 euros (si t’as qu’1 ticket resto, on prend aussi)

Il y a deux ans j’ai annoncé à ma mère que j’allais créer une entreprise. « Ah ? c’est bien ça… », elle a fait avec une intonation dans laquelle ne pointait qu’un intérêt modéré. Ma mère, le monde de l’entreprise, ça n’a jamais été trop son truc. 35 ans d’Éducation Nationale, ça ne fait pas de vous une passionnée de l’entrepreneuriat. « Et dans quel domaine ? », elle a quand même demandé parce qu’elle est polie et que c’est une maman qui sait qu’elle a des obligations vis-à-vis de sa progéniture. Il faut s’intéresser à ce que racontent ses enfants. Elle l’avait lu dans Dolto (c’était il y a très longtemps).

On réussit toujours dans l’épicerie si on travaille dur

Et comme toutes les mamans, elle a répondu elle-même à la question qu’elle posait. « Une petite épicerie ? Ça serait bien ça une petite épicerie. On réussit toujours dans l’épicerie si on travaille dur. Et puis tu pourrais t’installer à la campagne. On te verrait plus souvent. Tu sais qu’il n’y a plus d’épiceries dans les villages… Ça manque. »

« Une lettre d’information pour les professionnels de la relation client et du marketing, c’est ça mon entreprise, ContactDistance que ça s’appelle », j’ai dit dans un seul souffle sans respirer. « Pardon ? », elle a demandé. « Un journal en ligne et par email », j’ai essayé de préciser. « Hum… », elle a murmuré, un peu comme fait ton banquier quand tu lui expliques ton business model. Pas convaincue. Mais comme c’est une bonne mère, elle a essayé de terminer sur une note rassurante. « Si tu veux crever de faim… ».

Citizen Kane et moi

Ma mère, en fait, elle aurait fait un très bon analyste financier. Je n’ai pas crevé de faim depuis 2 ans, mais c’est surtout parce que j’ai un petit appétit.

Je suis donc depuis 2 ans à la tête d’une entreprise de presse… Citizen Kane, Axel Springer, Robert Maxwell, Rupert Murdoch, Patrick Drahi… et moi.  Mais moi c’était encore mieux qu’une entreprise de presse, c’était une startup des nouveaux médias ! Un Pure Player…

Je dis c’est encore mieux… les problèmes de fin de mois en plus. Parce que une startup en fait, c’est comme une entreprise (je dis ça pour les plus jeunes), il faut que tu trouves chaque mois de quoi te payer et payer tes fournisseurs. Et l’Urssaf, et la retraite… Et un comptable… Et les impôts… Et la TVA… La seule différence entre une entreprise et une startup, c’est que le chef d’entreprise il vote à droite, tandis que le chef de startup il vote plutôt Macron. Mais ça c’est une différence assez récente (je dis ça encore pour les plus jeunes).

Je pivote

Il y a une autre différence. C’est qu’à un moment dans une startup, tu pivotes. Dans une entreprise tu changes de stratégie, dans une startup tu dis que tu pivotes.

Au début le business model de ContactDistance, c’était la pub. Pour vendre de la pub, il faut construire une audience. Construire une audience c’est long. Alors évidemment, au départ, tu ne vends pas beaucoup de pub. Et puis tu construis ton audience et ta crédibilité. Au bout de 2 ans le site ContactDistance.fr enregistrait 10 000 visites par mois et la newsletter ContactDistance comptait près de 2 000 abonnés. C’est peu et en même temps assez, dans un secteur de niche, pour intéresser des annonceurs.

Des professionnels passionnés

La newsletter ContactDistance, c’est une newsletter quotidienne, c’est-à-dire que tu as quand même 2 000 professionnels qui acceptent de recevoir chaque jour sur leur email un point rapide sur l’actualité de la relation client. Ils m’ouvrent la porte de leur bureau tous les jours. Je ne reste pas longtemps, 2 ou 3 minutes. Je leur raconte à l’oreille tout ce qui se dit et se passe dans le secteur… Des professionnels passionnés !

Et puis forcément quand tu écris à quelqu’un tous les jours, il y a une relation spéciale qui s’installe au fil du temps. Comme une relation amoureuse. Et moi je suis tombé amoureux de mes lecteurs. Eux je ne sais pas… Si en fait je sais un peu. C’est pudique un lecteur, mais il y en a un certain nombre qui m’ont dit qu’ils m’aimaient aussi. Ça a fait battre très vite mon petit cœur.

Comme dirait ma maman qui n’est pas une grande romantique, le cœur qui bat ça ne nourrit pas son homme. Ça aurait même tendance à te faire perdre de l’énergie et te brûler des calories.

L’amour des lecteurs

Revenons à la publicité. Le problème de la pub, pour moi, c’est que c’était un modèle fragile. Très irrégulier. Je n’avais pas les ressources nécessaires pour assurer un effort commercial suffisant et constant. Ça aurait dû être un boulot à plein temps.

Et donc je pivote. Je repense à l’amour des lecteurs. S’ils aiment ContactDistance, me dis-je, ils seront sûrement prêts à payer pour recevoir leur newsletter favorite. C’était aussi un moyen de remettre le lecteur au centre du projet.

En mai, il y a donc 1 mois maintenant, la newsletter devient payante (si vous voulez vous abonner, vous pouvez le faire ici et reprendre votre lecture un peu plus tard. On vous attend).

(Voir un exemple de la Newsletter : édition du 29 mai 2017)

Passer à un modèle payant, c’est un peu comme repartir de zéro. Il y a une nouvelle audience à reconstruire. Les premiers à avoir accepté le modèle payant sont les abonnés historiques, prestataires de la relation client et éditeurs technologiques et plus curieusement les mutuelles et opérateurs, des abonnés qui sont venus plus récemment vers ContactDistance. Merci à eux.

On s’appelle ou on s’abonne

Jusqu’ici je ne vous ai rien caché. Continuons. J’avais anticipé un taux de transformation vers la formule payante un peu plus fort que ce qui a été réalisé au cours de ce premier mois. Les lecteurs, je vous l’ai déjà dit, ont l’amour pudique. Il reste encore du monde à convaincre.

A ce propos, si vous avez-vous l’amour exubérant, si vous avez besoin de garder un œil ouvert sur l’actualité de la relation client et du marketing et si vous ne vous êtes pas abonné au paragraphe précédent, faites-le maintenant (ici). On marque une pause en attendant votre retour.

Si vous vouliez plutôt risquer 50 000 euros dans une entreprises (hasardeuse !), voire être un sponsor généreux et désintéressé n’hésitez pas à m’envoyer un message (franck.mayans(at)contactdistance.fr) ou même à me téléphoner (06 89 99 60 91). Vous allez certainement être très nombreux à appeler, ça risque de sonner occupé, dans ce cas laissez-moi votre numéro de téléphone sur la boîte vocale.

Sinon si vous avez un ticket restaurant, on prend aussi.

Si vous n’entriez dans aucune des catégories précédentes (personne n’est parfait), partagez cet article sur vos réseaux favoris !

Franck Mayans

Éditeur de ContactDistance