Pour Google, les interfaces voix se développent rapidement mais le texte devrait encore dominer un bon moment

On a en mémoire cette prévision de Comscore selon laquelle en 2020, 50 % des recherches en lignes seraient réalisées via la voix. L’échéance se rapproche. Faut-il jeter nos claviers (une moitié en tout cas) ?

Fortement investi dans les technologies de langage naturel et de recherche vocale, Google se plaît à répéter ce chiffre.


Pourtant dans une interview récente, donnée à The Drum, Jason Spero, le responsable des médias publicitaires (Performance Media) de Google, se montre lui plus prudent.

« A chaque fois que l’on introduit quelque chose de nouveau les gens se demandent si le nouveau paradigme va remplacer l’ancien. Aussi loin que l’on puisse voir dans le futur, on peut penser que la grande majorité des interactions se fera encore par le texte et via des interfaces qui nous sont familières aujourd’hui. »

Ce que pointe néanmoins Spiro c’est que « malgré tous les progrès que nous avons fait pour saisir du texte sur un clavier, la voix est une interface beaucoup plus naturelle. »

La voix reste pour Spiro un nouveau champ de promesses à explorer, à la fois pour les utilisateurs, les marques et Google lui-même. « Les consommateurs sont encore en train de découvrir ce que signifie interagir avec des machines en langage naturel. Ça crée de nouvelles opportunités car ils nous entrainent dans des espaces où nous n’avons jamais été avec eux jusque-là. »

Si la voix oblige à repenser et réapprendre les règles de communications entre les marques et leurs clients, elle offre aussi, en tant qu’interface naturelle, des possibilités beaucoup plus puissantes que le texte.

Des possibilités plus puissantes au niveau publicitaire également ? On ne semble pas encore se poser la question chez Google. « On ne dépense pas notre énergie aujourd’hui à rechercher un business model. » On explore plutôt. On a les moyens chez Google de se payer de tels luxes.

Même si Spiro ajoute, « je ne suis pas en train de vous dire qu’on ne va pas mener quelques expériences… »