Trottinette et néobanque


Par Franck Mayans (@contactdistance)

Trottinette et néobanque… ça pourrait être en résumé la nouvelle idéologie économique du monde en 2018. Une idéologie transversale. Que tu sois communiste chinois ou capitaliste américain, tu y adhères de la même façon. Un seul mot d’ordre de Pékin à Washington, de Moscou à Tokyo, le monde sera trottinette et néobanque. Que dis-je le monde, l’avenir de l’humanité sera trottinette et néobanque.

Il n’est plus un seul fonds d’investissement, un grand constructeur automobile, une banque historique, un opérateur télécom qui n’ait pas une participation dans une néobanque ou une entreprise de trottinette. Et bien souvent dans les deux. Comme on dit, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Électrique la trottinette, évidemment. On est à l’ère de la minimisation de l’effort client. Et en ligne la néobanque. On est à l’ère d’internet, nom de nom.

Pourquoi un tel succès pour trottinette et néobanque ?

Il faut avouer qu’une trottinette ce n’est pas l’engin le plus glamour pour briller en ville. Surtout si tu la chevauches avec un petit casque ridicule qui te fait ressembler à une boule de billard. La trottinette ce n’est pas une Harley Davidson. Ce n’est même pas un skateboard. Un skateboard, ça c’est vraiment cool. Une trottinette quand tu as dépassé 7 ans… D’accord, elle est électrique, mais même à 25 kilomètres à l’heure au milieu du trottoir tu ne ressembleras jamais à ‎Dennis Hopper dans Easy Rider.

Une néobanque c’est un peu plus cool, tu peux t’en servir sans casque. Une néobanque c’est un peu comme ta banque avant, mais en néo. Pas d’agences (tu n’y allais jamais de toute façon). Pas de conseiller bancaire (ça aussi, tu en entendais parler quand il prenait son poste et quand il le quittait deux ans plus tard). Une carte bancaire et une application mobile (mais tout ça tu l’avais déjà). Néobanque, ça s’appelle.

Le succès de trottinette et néobanque c’est que tout le monde comprend immédiatement de quoi on parle. Ton petit frère, ton grand-père, tes investisseurs… Un projet trottinette ça se pitch en 20 secondes. Ce n’est pas la blockchain. Tu comptes une minute à tout casser pour pitcher une néobanque et encore, une minute c’est si tu as eu le malheur de prononcer le mot fintech au cours de ton pitch.

L’idéologie trottinette et néobanque traversera-t-elle les siècles ? Comme le communisme n’a pas survécu à la chute du mur de Berlin, il n’est pas certain que ton amour de la trottinette survive à ton premier gadin. Quant aux néobanques, tu verras qu’un jour elles se mettront à ouvrir des agences et à te présenter un conseiller bancaire tous les deux ans.

(Image :  Lime)

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInEmail this to someone

Recevez gratuitement Numériq'1 : La newsletter qui vous raconte tous les jours en 1 minute l’actualité de l’économie numérique, de la relation client, du marketing et du e-commerce :  JE M'ABONNE !