L’échelle de croyance des réseaux sociaux


Par Franck Mayans (@contactdistance)

Les réseaux sociaux sont pour un certain nombre d’entre nous, une porte d’entrée vers l’information sur le monde. Il ne s’agit pas d’une porte d’entrée unique. Chaque plateforme nous invite à voir le monde d’une certaine façon. On n’a pas la même vision de la société lorsqu’on s’immerge dans Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat ou LinkedIn. Les messages sont portés à notre connaissance par chaque réseau sous une forme qui leur est spécifique.

En tant qu’utilisateur, on ne reçoit pas non plus le message de la même façon selon le réseau consulté.

Par ailleurs, à mesure de son usage, l’internaute devient plus mature vis à vis des plateformes sociales. Même s’il se laisse abuser parfois, il en use généralement avec distance ou méfiance.

Comme il a peut-être lu Guy Debord, l’usager des réseaux sociaux sait que le spectacle que ces plateformes lui présentent n’est que « l’affirmation de l’apparence »« le vrai est un moment du faux » !

Si, pour chaque plateforme, on s’amusait à examiner (on n’est pas Guy Debord, on préfère rire du spectacle que de le théoriser) la posture ordinaire de l’usager raisonnable vis à vis des flux d’informations qui lui sont communiquer, on pourrait établir une échelle d’adhésion et de croyance au spectacle proposé.

Facebook : « Je n’y crois pas » 

Si Facebook n’a pas perdu la bataille de l’information, le réseau a perdu celle de la crédibilité.

Instagram : « J’ai envie d’y croire »

Bien sûr qu’on a envie de croire à la vie idéalisée que nous offre Instagram, celle de voyages sous des ciels peints en bleu 24h/24, de desserts merveilleux qu’on ne pensait trouver que dans les contes pour enfants (la maison de pain d’épice d’Hansel et Gretel) ou de corps sveltes et sculptés (même après qu’on a dévoré la maison de pain d’épice).

LinkedIn : « Je fais semblant d’y croire »

Mais oui, moi aussi mes collègues de travail sont tous merveilleux, qu’ils ont toutes les compétences qu’ils alignent (et plus encore) et que surtout mon boss est adorable. Et même mon boss fait semblant de croire que je suis formidable. Il laissera d’ailleurs, sous mon profil, une chaleureuse recommandation après m’avoir viré vigoureusement.

Snapchat : « J’y crois vite fait »

Non ? mdr ;) Jure que c’est vrai ?

Twitter : « Je pourrais y croire »

Twitter c’est la double distance, l’ironie de l’émetteur qui fait écho à celle du récepteur. Le faux est souvent plus vrai que le vrai et le vrai plus faux que le faux. Et chacun s’y retrouve dans cet inversement de l’échelle de la vérité à condition de savoir partir dans un grand éclat de rire.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInEmail this to someone

Recevez gratuitement Numériq'1 : La newsletter qui vous raconte tous les jours en 1 minute l’actualité de l’économie numérique, de la relation client, du marketing et du e-commerce :  JE M'ABONNE !