Comment reconnaître une intelligence artificielle (quand on la rencontre au coin d’une ruelle sombre) ?

Par Franck Mayans

franck.mayans(at)contactdistance.fr

Le quotidien britannique The Guardian a jeté récemment un petit pavé dans la marre paisible du petit monde des startup. Le journal a révélé que certaines de ces jeunes entreprises qui nous vendent la puissance et la maîtrises de leurs solutions d’intelligence artificielle, nous refilent en vérité un peu d’intelligence artificielle pour beaucoup d’humain. C’est comme les sandwichs au foie gras dans certaines boulangeries à la mode. Beaucoup de salade pour un tout petit morceau de foie gras.

Ainsi derrière une application ou un service qui semble fonctionner de façon totalement autonome grâce à l’intelligence artificielle, interviendrait en réalité des humains. Ce n’est pas tant que l’intelligence humaine soit insurpassable, mais sur le marché du travail l’homme vaut moins cher que l’investissement en recherche et développement à prévoir pour faire le même travail.

Cette petite tromperie sur la marchandise pourrait nous amener à nous interroger plus largement sur tous les robots qui accompagnent désormais les actes de notre vie quotidienne.

Est-ce qu’il n’y a pas un employé de banque caché derrière chaque distributeur automatique de billets ? Et sur l’autoroute, est-ce que ce n’est pas en réalité un marionnettiste qui actionne la barrière de péage qu’on pense à ouverture automatique ? Dans les usines automobiles, les robots ne sont-ils en faits que des ouvriers déguisés ? Ne sont-ce pas en vérité les postiers qui transportent nos emails à travers tout le pays ?

Laissons les réponses aux adeptes des théories du complot !

Depuis le début de la révolution industrielle, l’être humain est en concurrence avec la machine. Et lorsque pour le même coût et le même rendu on a pu substituer 1000 ouvriers tisseurs contre un seul métier à tisser, le marchand de tissu lyonnais du 19e siècle n’a pas hésité.

Il est vrai qu’avec l’intelligence artificielle on a mis la barre très haut. Il ne s’agit plus simplement de maîtriser des forces physiques, des vitesses ou des trajectoires… On parle désormais de prise de décision complexe, compréhension du langage, voire sensibilité, émotion et empathie… Il faut bien faire rêver les investisseurs et vendre sa marchandise. Il est plus facile de soulever un poids de 3 tonnes avec un robot que d’écrire Madame Bovary avec un clavier automatique. Encore qu’il ne faille douter de rien en matière de progrès technique.

Pour ma part, je considérerai que l’intelligence artificielle a atteint son stade ultime lorsqu’elle sera capable de rire authentiquement à une blague nulle.

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