Onecub : « Offrir un outil aux individus pour leur permettre de dialoguer directement avec les CRM des entreprises »

Peut-on à la fois faire le pari du contrôle, de la protection des données individuelles et celui de l’utilisation de ces mêmes données personnelles par les marques ? C’est en tout cas la promesse de Onecub, une jeune start-up de 6 personnes spécialisée dans le domaine de la gestion des données personnelles et soutenue par SNCF Développement.

Rencontre avec Olivier Dion, le CEO de Onecub.

C’est quoi le principe de Onecub ?

Olivier Dion : Onecub est un outil qui permet aux internautes de piloter leurs données, de piloter leur vie digitale en centralisant leurs données personnelles. Ces données personnelles sont extraites des emails des utilisateurs. Le but est de leur permettre de réutiliser ces données personnelles sur n’importe quel site. C’est par exemple transmettre ses données administratives, ses données d’achat en un clic. C’est un objectif à terme, ce n’est pas encore fait. Pour le moment on centralise juste les données des emails.

Quand vous dites on centralise juste les données des emails, ça se passe comment concrètement ?

Concrètement vous vous inscrivez sur Onecub et vous synchronisez une boîte mail. Pour le moment on propose une synchronisation avec les 5 plus gros gestionnaires de mails en France. On va mettre de côté les mails personnels, ce n’est pas notre sujet, on va s’intéresser uniquement aux mails commerciaux et administratifs et on va les trier par site envoyeur et par type de mails (newsletter…). Dans les emails qui contiennent des données personnelles, notamment des données de consommation, on va extraire les données et les afficher dans le tableau de bord Onecub de l’utilisateur.

C’est-à-dire que vous monitorez la boîte emails des utilisateurs inscrits au service ?

Oui, en fait la boite mail c’est juste un canal qui nous permet de récupérer les données personnelles. C’est notre première source de données personnelles. Après on combine ça avec d’autres choses, des données que l’on va en chercher ailleurs. Le but c’est de mettre dans les mains des individus un outil qui va leur permettre de dialoguer directement avec les CRM des entreprises ou des administrations.

Mais plus précisément quel est le principal intérêt pour un utilisateur du service ?

L’idée c’est de réutiliser ses données personnelles, ne plus avoir à remplir de formulaires. Je décide quelles données je fournis, je stoppe quand j’ai envie de stopper. C’est une transformation de la relation client. Jusqu’à présent pour un internaute consommer en ligne ça revient à remplir un formulaire, consommer sur le site et recevoir plein d’emails derrière. Demain c’est disposer d’un outil qui parle directement avec les CRM des entreprises.

Vous avez des exemples ?

Il y a de plus en plus de sites de banques qui proposent une catégorisation des achats, des outils de personal finance management. Et nous on a énormément d’informations sur les achats réalisés en ligne. Si on synchronise votre compte bancaire avec Onecub, Onecub va approvisionner en données complémentaires le site de la banque. Par exemple avec toutes les preuves d’achat de mes achats en ligne. Tout ça se retrouve directement dans mon compte bancaire.

Dans le domaine de l’emploi, on va récupérer toutes les précédentes recherches d’emploi que l’on va trouver dans les alertes emails. On peut alors les transmettre à un site d’emploi qui va calculer l’offre la plus adaptée au type de recherche que l’on fait.

Le principe c’est de redonner du pouvoir à l’individu ou c’est un échange de bons procédés, c’est à dire « je te donne de l’information et en échange j’améliore ta vie en ligne » ? 

Oui, c’est ça, c’est un échange de bons procédés. On cherche avec les entreprises des cas d’utilisation qui vont permettre à l’individu d’avoir un service enrichi, de bénéficier d’un service personnalisé. En un clic l’entreprise peut personnaliser le service parce que l’individu, l’internaute lui fournit plus de données.

C’est donc clairement un échange de bons procédés entre les individus et les sites, et c’est aussi remettre l’individu au cœur de la gestion de ses données. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Tout ça passe aussi par des accords avec les sites de e-commerce ?

Pour l’instant on est en train de les construire ces accords. D’ailleurs on cherche aujourd’hui des sites qui voudraient se porter volontaires pour tester le dispositif. Ça va s’appeler le Onecub Connect. Le site décide de mettre un bouton Onecub Connect et quand l’internaute va cliquer dessus, ses données complémentaires (collectées par Onecub) vont être synchronisées avec le compte du site sur lequel il navigue. Une fois que c’est synchronisé l’échange de données se fait au fur et à mesure. Et l’internaute peux interrompre le flux à tout moment.

Aujourd’hui les internautes sont prêts à ouvrir leur boîte mail ?

Ça dépend du service qui est rendu. Ensuite on ne prend pas les conversations personnelles. Et tout ce qui est extrait et analysé des mails est montré à l’utilisateur. C’est ça aussi remettre l’individu au centre de la gestion de ses données. Dès qu’on extrait des données des emails, c’est forcément dans le tableau de bord de l’utilisateur. Et on ne se sert pas de ces données pour faire de la pub. Alors que par exemple Gmail (Google) analyse tous les mails, que ce soient des emails commerciaux ou des conversations personnelles, pour faire de la pub. Et on ne sait pas vraiment ce qui est analysé. Onecub c’est complètement transparent. On montre tout.

Et les entreprises, les sites de e-commerce, comment réagissent-ils par rapport à la solution ?

C’est en train d’évoluer petit à petit. Jusqu’à peu les marques étaient complètement fermées. Elles avaient l’impression qu’il s’agissait de partager leur base clients. Et aujourd’hui je vois cette perception changer. Les marques commencent à comprendre qu’il ne s’agit pas de leurs données, mais de celles de leurs clients. Et qu’il y a tout à gagner à essayer de simplifier et enrichir le parcours client.

Vous avez créé à côté de Onecub un service qui s’appelle Inside Onecub qui est alimenté par les données des utilisateurs Onecub et qui permet de connaître les sites en ligne les plus utilisés et ceux qui seront utilisés demain. Comment tout cela s’articule ?

Inside Onecub c’est de l’open data. L’objectif c’est de montrer nos stats à tout le monde. En soi, elles ont un intérêt. On a pour le moment un premier cas d’utilisation qui nous permet de découvrir les start-up et les services innovants qui montent. C’est une utilisation qui nous a été demandé par SNCF Développement qui est notre fond d’investissement. Mais il y a énormément d’autres choses que l’on peut découvrir avec ces données.

Récemment on a aussi mis en place une offre premium. On ne vend pas les stats. Les stats restent en open data, elles sont pour tout le monde. Avec l’offre premium on peut créer sa propre liste de sites à suivre, suivre des marchés, recevoir des rapports, exporter des données…