5 gars et 1 fille que tu as sûrement croisé si tu as travaillé dans un centre d’appels

Par le conseiller masqué

(Le conseiller masqué travaille dans un centre de contacts pour une très grosse entreprise. Il ne souhaite pas signer de son nom. Ici à ContactDistance on n’a même jamais vu son visage. On le rencontre dans un parking souterrain, après 23h. Il nous remet son papier et repart en courant dans un grand éclat de rire)

Chaque secteur, chaque profession a ses archétypes. Dans les centres d’appels, il y a 5 gars et 1 fille que tu es certain de croiser à un moment donné.

Le mytho

mytho

C’est celui qui va te dérouler son CV à la machine à café même si tu ne lui as rien demandé. Avant de travailler au centre d’appels il était avocat ou architecte… au Canada ou en Alaska. Enfin très loin. Là, il vient de rentrer en France, et il a des démarches administratives à finir avant de pouvoir reprendre son vrai métier.

Parfois il est journaliste pour un grand quotidien (Le Monde ou Le Figaro, jamais un quotidien régional). Il est incognito en immersion. Il fait une enquête sur les centres d’appels. Il est tellement incognito qu’il en parle à tout le monde, même à la direction de l’entreprise qui est la seule à croire son à histoire (au début).

Le geek

Steve Jobs

C’est un peu le directeur informatique non officiel de l’entreprise. Il a une opinion tranchée sur toutes les applications informatiques utilisées dans le centre d’appels : elles sont nulles. On aurait dû lui demander son avis. Il prend son café avec le technicien informatique (qu’il prend pour le directeur informatique de l’entreprise). Au bout de 15 jours, le technicien arrêtera d’aller boire des cafés.

Sinon il sait comment entrer dans les dossiers informatiques de la direction à partir de son logiciel de gestion des appels. Il est aussi un peu mytho.

La bimbo

Sabrina

C’est le point de convergence de tous les regards masculins du plateau. De certaines filles aussi. Les mauvaises langues prétendent qu’elle n’est pas là d’abord pour ses compétences. Le chargé de recrutement confesse d’ailleurs un coup de fatigue ou un moment de faiblesse quand il l’a recrutée. Le responsable du centre d’appels parle d’erreur tragique, mais il admet qu’il faut donner sa chance à tout le monde. Et qu’elle participe de la bonne ambiance sur le plateau.

Sa durée moyenne d’appels est excessivement longue, surtout avec les clients mâles. « Mais c’est pas de ma faute… », elle dit avec une voix sucrée et traînante.

Les superviseurs la débriefent 6 fois par jour. Même pendant ses jours de repos.

Le « je fais ça en attendant »

Chateaubriand

« Dans 2 mois je me casse… Je fais ça en attendant ». En attendant quoi, on ne sait pas. Ce qu’on sait c’est que ça fait 10 ans qu’il le répète.

Le psychopathe

Nicholson

C’est un type tout a fait normal lorsqu’il est au téléphone avec un client. Disons plutôt qu’il est plus normé que normal. Il suit les procédures à la lettre, presque d’une façon maniaques.

Lorsqu’il pose le casque, il a un comportement moins cohérent. Il doit lui manquer quelques procédures pour être tout à fait efficient dans la vraie vie.

Pour lui le centre d’appels est une thérapie.

Le senior

gabin

Il fait partie des plus de 45 ans du centre d’appels. Lui est plutôt dans la tranche haute : les plus de 60 ans.

Il a été cadre supérieur, dirigeant de société… dans une autre vie. Un accident de carrière et voilà qu’il lui manque quelques trimestres pour avoir une retraite à taux plein. Et puis il dit que ça le maintien en forme.

Plein de qualité : toujours à l’heure (il est même à son poste 1/2 heure avant), rigoureux, toujours prêt à aider les plus jeunes. Il sait plein de choses. D’ailleurs il n’arrête pas de vous répéter qu’il sait plein de choses.

Il arrive que des clients le prennent pour le directeur général de l’entreprise.

C’est le seul à porter un costume et une cravate 365 jours par an.