3 questions embarrassantes soulevées par le piratage du site de rencontre Ashley Madison

En juillet dernier, le site canadien Ashley Madison, spécialisé dans les rencontres extra-conjugales, a subi l’attaque d’un mystérieux groupe de pirates qui a conduit au vol de données privées de plusieurs millions d’utilisateurs du site. L’affaire n’en finit pas de faire des vagues, non seulement à l’intérieur des couples, mais également sur les réseaux sociaux, la presse spécialisée ou celle plus people, jusqu’à la tête de l’entreprise où le pdg vient d’être contraint à la démission.

Cette attaque, en dehors de toute considération morale, pose 3 questions embarrassantes :

Question embarrassante 1

Et si en fait tout le monde se fichait de la sécurité informatique ?

Que ce soit les propriétaires du site, comme les clients, il semble bien que la sécurité ne soit pas au centre des préoccupations de chacun des acteurs : le site pour n’avoir pas pris les mesures à la hauteur des risques encourus ; les clients pour avoir confié des informations privées et intimes à des inconnus. La négligence, déguisée en « ça n’arrive qu’aux autres », deviendrait-elle la nouvelle politique sécurité des entreprises du net (et de leurs clients) ?

Question embarrassante 2 : 

Et si tout le monde mentait sur internet ?

On ne parle pas ici des utilisateurs. Qu’ils mentent à leurs femmes (ou à leur mari) c’est leur problème. On parle du mensonge proféré par Ashley Madison. Contrairement à ses promesses, le site ne comptait en réalité que quelques milliers de femmes inscrites pour plusieurs millions d’hommes. L’opacité est-elle la règle sur internet ?

Question embarrassante 3 : 

Et s’il valait mieux se faire voler ses données bancaires que ses autres données privées ?

Une photo compromettante, une information intime divulguée à ses dépens, fera toujours plus de mal qu’une fraude à la carte bancaire sur un site de e-commerce. Les dommages causés à la vie privée sont souvent irréparables. Tandis qu’il sera toujours possible de se faire rembourser les sommes qu’on nous a dérobées. Internet ne protège-t-il que l’argent ?