Comment le mobile a tué le téléphone ou pourquoi vos enfants ne répondent plus au téléphone

Par Jason Deign

Alex et Isabelle aiment leur smartphone. Mais comme beaucoup d’utilisateurs de téléphone mobile de leur âge, il y a une chose que les deux jeunes filles de 13 ans ne prendront même pas la peine de faire avec leur appareil : c’est téléphoner !

« La dernière fois que j’ai passé un coup de téléphone ? », réfléchit Isabelle, qui sait qu’avoir le nouvel iPhone pour ses 14 ans n’est même pas envisageable, elle se rabattra certainement sur un Samsung à la place. « C’était peut-être il y a 2 mois … »« Je ne peux pas passer d’appels », répond Alex en jetant un œil sur l’iPhone 5 qu’elle a eu à Noël. « Je n’ai même pas de numéro ! ».

Elle n’en a pas besoin. À condition qu’il y ait un réseau wifi à proximité, un smartphone sans carte SIM est un appareil de communication tout à fait valable. Elle est encore à un âge où un contrat est une responsabilité importante, pour elle comme du point de vue de ses parents. De toute façon très peu de ses amis passent des appels traditionnels.

À la place, toute une nouvelle génération d’utilisateurs, se servent de leur smartphone comme de n’importe quel autre appareil connecté, qu’il s’agisse d’une tablette ou d’un ordinateur : comme un moyen de communiquer sur internet.

Les numéros de téléphone ont cédé leur place aux identifiants

Cette communication en ligne est fondée sur des noms d’utilisateurs et pas des numéros de téléphone, et prend de multiples formes : texte, messagerie instantanée, chat, audio, vidéo… Pour une pré-ado, le gros avantage c’est que tout cela est gratuit.

L’autre gros attrait, c’est que les applications sociales auxquelles on accède ont une double fonction : elles permettent de parler à d’autres personnes, mais le plus important c’est qu’elles définissent des espaces virtuels à l’intérieur desquels on peut traîner avec ses amis.

À quel point l’internet mobile à gagner les jeunes ados ? Curieusement et malgré l’appétit de l’industrie mobile pour les études, il y a peu de données sur le sujet. En partie parce que les recherches portent en priorité sur les adultes.
Mais c’est aussi parce que la plupart des études menées sur les jeunes portent d’abord sur les éventuels effets néfastes du mobile avant les usages.

44 % des 11-12 ans passent 5 minutes ou moins par jour à parler au téléphone

Néanmoins, une étude non encore publiée, the Study of Cognition, Adolescents and Mobile Phones (SCAM), réalisée auprès d’enfants de 11 et 12 ans au Royaume-Uni par l’Imperial College London, confirme la perte de terrain de l’appel téléphonique sur mobile :

  • 44 % des 11-12 ans passent 5 minutes ou moins par jour à parler au téléphone.
  • Tandis que 23 % passent plus de 2 heures par jours sur des messageries instantanées. Le chiffre monte à 27 % le week-end.
  • 23 % passent 2 heures et plus par jour sur les réseaux sociaux pendant la semaine. Ils sont 32 % le week-end.
  • 35 % passent plus de 2 heures par jour à utiliser internet depuis leur téléphone mobile.

Quand on regarde ces chiffres, il est bon de garder à l’esprit que même parmi les adolescents, il existe de vastes différences de comportement entre un jeune âgé de 13 ans et un autre de 18 ans.
Les 5 ans qui séparent ces 2 âges représentent une génération entière en termes de technologie mobile et de niveau de développement des réseaux sociaux ; ce qui implique que certaines données publiées sur cette tranche d’âges sont déjà dépassées.

Peu importe ce qu’ils utilisent aujourd’hui ; ils utiliseront autre chose demain. Il n’est qu’à voir l’exemple de Facebook. Dans un article intitulé, le regard d’un adolescent sur les réseaux sociaux, Andrew Watts écrivait : « Facebook est le truc que l’on avait tous au collège parce que c’était cool. Maintenant c’est un peu comme ces dîners de famille un peu embarrassant, mais où on n’ose pas quitter la table. »

Traduit de l’anglais et publié avec l’autorisation de http://thenetwork.cisco.com/