L’AFRC tape du poing : les centres d’appels ne sont pas des voleurs de vie privée

Quand une lettre est volée, accuse-t-on tous les facteurs d’être des voleurs ? Les services postaux de mettre en danger nos secrets les plus intimes ? Quand un client se fait voler son portefeuille dans un restaurant, stigmatise-t-on toute la profession ? Quand un banquier détourne l’argent des ses clients, est-ce tout le système bancaire qui est pourri (bon là d’accord, ça se discute) ?

Qu’un employé de centre d’appels s’empare frauduleusement des coordonnées banquaire d’un client et c’est la vie privée des français qui est gravement en danger. L’AFRC  (association française de la relation client) vient de réagir vivement aux articles de presses (Libération) qui selon l’organisation « entache » l’image des centres de relation client.

Revenons sur (comme on dit à la télé dans ces cas là) l’Affaire (avec un grand A).

Un dangereux criminel employé du groupe Teleperformance a monté une petite combine : il détourne les coordonnées bancaires des abonnés Canal + (qui a confié la gestion de son service client à Teleperformance).

Le Madoff de la relation client prélève sur les comptes des abonnés 100 euros par-ci, 170 euros par-là. Jusqu’au’ jour où, comble de malchance (le crime ne paie pas), c’est, sans le savoir, aux coordonnées bancaires de Nicolas Zarkozy qu’il s’attaque.

Notre président, heureusement vigilant lorsqu’il s’agit de pouvoir d’achat, s’aperçoit qu’on lui a indûment débité la somme de 170 euros. La victime ayant quelques relation dans les médias, fait part de son émoi et la presse s’empare du nouveau danger qui  menace gravement la France : nos données sensibles sont en danger, les centres d’appels menacent notre vie privée.

Même Manuel Jacquinet dans l’excellent magazine En-Contact y va de son couplet et parle de « pratiques inquiétantes en matière de sécurité des données« .

La France tremble, la République vacille.

Ce ne sont évidemment pas les termes de l’AFRC qui s’indigne cependant, dans un communiqué, de la dimension donnée à l’Affaire (avec un grand A, souvenez-vous). Tout en reconnaissant qu’il s’agit « d’un cas inadmissible de détournement de données« , l’association professionnelle pointe « qu’il apparaît tout autant inadmissible de pouvoir mettre en cause, sur cette base, la responsabilité de toute une profession« .

L’AFRC rappelle les initiatives prises par les professionnels du secteur depuis 2001 « pour adopter des règles détaillées de sécurité et de qualité allant bien au-delà des prescriptions générales de la Loi Informatique et Libertés « .

Il n’est pas certain que cela suffise à calmer la parano (avec un petit « p », n’exagérons pas non plus) générale.

Encore heureux que l’Affaire (avec un grand A, vous savez maintenant) ne se soit pas déroulée au Maroc ou en Tunisie. Que n’aurait-on pas dit !

2 réflexions au sujet de “L’AFRC tape du poing : les centres d’appels ne sont pas des voleurs de vie privée”

  1. On a médiatisé cet incident car il s’agissait des coordonnées bancaires du chef de l’Etat. Quid de toutes les personnes victimes de ces malversations? Ce ne sont pas les centres d’appel qui sont en cause mais une minorité de personnes malhonnêtes …

  2. De tout temps dans beaucoup d’organismes de par le monde il y a toujours eu une brebis galeuse quelque part pour fouiner et divulguer des informations. C’est une maladie .
    Alors arrêter d’incriminer les centres d’appels et penchez-vous plutôt sur le capital honnêteté des personnes qui font cela.

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