Citizen Call ou les 5 ages d’un téléconseiller

Le CV imaginaire, singulier et universel de Citizen Call : parcours d’un téléconseiller du 20ème au 21ème siècle vu par ContactDistance.

  • 1985 Mon premier job étudiant : sur ma fiche de paye, de quelques centaine de francs, il est écrit « téléacteur ». Ma mère pense que je tourne dans des feuilletons télé. Elle n’a jamais entendu parler du télémarketing; « c’est nouveau, ça nous vient des Etats Unis ! ». Mon enthousiasme ne la convainc pas. J’en parle à mon professeur d’économie à la fac : « j’ai trouvé mon sujet de mémoire, monsieur! ». Lui non plus n’est pas convaincu : « renonce à cela petit, ton truc le télémarketing ça n’a aucun avenir en France ».

  • 1995 Mon premier métier : ça y est, je suis en CDI ! Sur ma fiche de paye (de quelques milliers de francs) il est écrit « téléconseiller ». J’ai une mutuelle et des tickets restaurants. Je suis incollable sur les différents forfaits des 3 opérateurs de téléphonie mobile. Ma mère se demande comment on peut passer 7 heures par jour au téléphone.

  • 2004 J’habite en province : on quitte les Champs Elysées; le patron dit que les loyers étaient hors de prix. Je commence à bien aimer Besançon. Les hivers sont un peu froids mais on est dans de supers locaux. C’est tout neuf, construit exprès pour nous. Je me souviens quand on est arrivé le maire nous a accueilli avec la fanfare. Ils sont sympas à Besançon.

  • 2006 Je divorce : ma femme (c’était aussi mon superviseur au boulot !) est nommée responsable formation sur notre nouveau site de Casablanca. Elle saute sur l’opportunité et me plaque pour le Maroc. Je pleure beaucoup. Mon nouveau superviseur a 22 ans et un peu de barbe sur le menton.

  • 2010 Je travaille chez moi ! Ils appellent ça le homeshoring, c’est nouveau ça nous vient des Etats-Unis ! Ma mère me rappelle que j’ai jamais su travailler à la maison : « souviens-toi quand tu étais étudiant ! » Quand je lui dit que je travaille pour le Téléshopping elle retrouve le sourire : « je savais bien que tu réussirais à la télé… »